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  • Légendes et poèmes de nos arbres Bas-Rhinois
Publié le: 19/07/2018

Légendes et poèmes de nos arbres Bas-Rhinois

Vous savez manier la plume et aimez les arbres ?! Votre place est toute faite dans la nouvelle rubrique "Contes d'arbres" de notre site. Partagez-nous vos poèmes et histoires d'arbres, que nous publierons ensuite.

Peuplier noir - Hochfelden

Le Peuplier Noir

Personne en ce bas monde ne connaît son grand âge,
Mais son énorme tronc et ses branches immenses,
Ses nœuds et ses crevasses et ses racines sauvages
Font de lui un vieillard au feuillage encore dense.

N'est-il pas le gardien près du ban communal,
Qui d'un œil bienveillant surveille le passage
De ceux qui se promènent près des berges du canal
Pour entendre les oiseaux du chemin de halage?

Il a choisi de vivre, là où le monde finit,
Pour mieux voir les cigales et les hérons cendrés,
Pour offrir un abri aux buses et éperviers
En ouvrant sa ramure vers un tendre infini.

Dans ses branches, en son tronc, un roman de mille pages
Nous raconte l'histoire des siècles d'autrefois.
La période des deux guerres, ses crimes et ses ravages,
Les tempêtes de vents sur l'écorce de son bois,

Mais aussi le passage des péniches nonchalantes,
Ou du tracteur qui tousse sur le rebord des pentes,
Rien n'a pu ébranler ce solide patriarche,
Ni la pluie, ni le vent, il se dresse comme une arche,

Un rempart de verdure qui est né pour durer.
Bien que noir soit le nom de ce grand peuplier,
Les canards font l'aubade, les cygnes la parade,
Les oiseaux la chorale pour ce roi du domaine,
Il brave le vent mauvais et défie la tornade,
Il accumule les jours, les années, par centaines,

Cachées sous son écorce, quel heureux privilège,
Un jour de grand soleil où j'étais de passage,
J'ai trouvé quelques pages. Pour vous je les abrège.
Passants, arrêtez-vous, écoutez son message,

Envoyez-moi ici les oiseaux à la ronde,
Libérez-les des cages pour qu'ils soient plus heureux,
Envoyez les humains, libérez-les du monde,
Pour qu'ils viennent à mes pieds rêver pour vivre mieux

Sur mon vieux corps ridé, sur mes branches rugueuses,
Ne faîtes jamais danser la scie d'une tronçonneuse,
Ne faîtes pas de moi une illustre victime,
D'Haverschlued et d'Eichle, berceaux de mes racines.

 

Gérard Lallemand, Pfaffenhoffen

Poème sur le peuplier noir de Hochfelden

 

 

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